Spires

A l’image du labyrinthe, la spirale est un motif évocateur d’infini.

Toutefois, la progression de la spirale, loin d’être chaotique et confuse comme celle du labyrinthe, est linéaire et harmonieuse.

Gustave Klimt, l'Arbre de vie, vers 1905-1909, Palais Stoclet, vers Bruxelles

Gustave Klimt, l’Arbre de vie, vers 1905-1909, Palais Stoclet, vers Bruxelles

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Entre l’âme et l’obscurité

« Je t’appelle : viens à l’antique escalier en spirale
Concentre-toi de tout ton esprit sur la montée raide,
Sur les créneaux ruinés qui s’effritent,
Sur l’air constellé que nul souffle n’agite,
Sur l’étoile qui indique le pôle caché ;
Concentre toutes tes pensées errantes sur
Ce lieu où la pensée s’élabore :
Qui peut distinguer entre l’âme et l’obscurité ?

[…]

Olivier Debré, Lysne noir, 1974, Galerie Haaken, Oslo

Olivier Debré, Lysne noir, 1974, Galerie Haaken, Oslo

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Aller-retour

Jason de Caires Taylor aurait-il abusé des films de la série Harry Potter ?

Jason de Caires Taylor, Resurrection, Punta Nizuc, Mexico, MUSA collection

Jason de Caires Taylor, Resurrection, Punta Nizuc, Mexico, MUSA collection

Le cadrage de cette photo d’une de ses sculptures sous-marines, en contre plongée, et le choix des algues sous marines se développant telles des lambeaux de toile, rappellent en tous cas à s’y méprendre l’image des « détraqueurs » affrontés par le sorcier le plus célèbre au monde…

Emblème de la mort dans l’oeuvre de J.K Rowling, la silhouette fantomatique dépourvue de visage se transforme chez Jason de Caires Taylor en un être émergeant de l’indéterminé du néant pour retourner à la vie…

La localisation sous-marine de la sculpture souligne par ailleurs l’idée de résurrection. L’eau est en effet un milieu bien identifié dans l’art comme métaphore du liquide primordial d’où naît tout être, soit du liquide amniotique qui enveloppe le bébé…

Et je vous laisserai méditer sur ce vers de William B. Yeats :
« Qu’est-ce d’autre que l’eau, sinon l’âme devenue chair ?  »
Extrait de Coole et Ballylee, 1931

Yeats, Le sang et la lune

William Butler Yeats (1865-1939)

Le sang et la lune IV (extrait) :

« Sur les fenêtres brillantes et poussiéreuses viennent se coller
Et semblent se coller aux cieux inondés de clair de lune,
Des papillons, paons de nuit ou vanesses aux ailes d’écailles ;
Un couple de phalènes prend son vol.
Toutes les nations modernes sont-elles, comme la tour,
A demi mortes à leur cime ? Qu’importe ce que j’ai dit,
Car la sagesse appartient aux morts,
Incompatible comme elle l’est avec la vie ; et le pouvoir,
Comme tout ce qui est souillé de sang
Appartient aux vivants ; mais nulle tache
Ne peut venir souiller le visage de la lune
Quand elle s’est montrée dans sa gloire au sortir d’un nuage. »

Pieter Brueghel l'Ancien, la Tour de Babel, 1563

Pieter Brueghel l’Ancien, la Tour de Babel, 1563
« Toutes les nations modernes sont-elles, comme la tour,
A demi mortes à leur cime ? »