La peinture américaine des années 30

Du paysage à la ville en passant par le portrait, l’exposition proposée par le musée de l’Orangerie est variée, relativement brève certes, mais fort bien construite. Les artistes sélectionnés représentent la quintessence de la peinture de cette période.

Voici un petit passage en revue, que vous pourrez compléter en relisant mes articles sur la peinture de paysage américaine et sur l’Ashcan school.

Grant Wood - Young Corn - 1931

Grant Wood – Young Corn – 1931, Cedar Rapids Museum of Art

Le paysage américain et notamment ses vastes aires agraires fascinent les artistes. Grant Wood, John Steuart Curry, Alexandre Hogue ou encore Thomas Hart Benton s’y attachent tout particulièrement.

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Lectures d’été

Vous partez en vacances ? Que vous alliez loin ou que vous restiez dans votre jardin, voici une liste de livres qui vous permettront de vous évader en toute circonstance !

Alors pour faire le plein d’aventures et d’exotisme piochez au choix :

Les aventures de Tom Sawyer et Les aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain : une écriture chatoyante évoquant à merveille les paysages américains du siècle passé, des personnages truculents rivalisant de coquinerie, des aventures d’enfants qui fascineront tous les grands…

Thomas Hart Benton, Les aventures d'Huckleberry Finn, 1937, Missouri State Capital, Jefferson City

Thomas Hart Benton, Les aventures d’Huckleberry Finn, 1937, Missouri State Capital, Jefferson City

L’île au trésor de Robert Louis Stevenson : l’été est bien propice à un peu de piraterie ! Et il faut dire que les coups tordus s’enchaînent, les personnages ô combien pittoresques (il y a de l’aveugle, de la jambe de bois et du perroquet là-dedans) et souvent machiavéliques portant à merveille le récit qui se lit d’un trait (de rhum bien sûr).

– Pour les amateurs de solitude, ne manquez pas l’île déserte de Robinson en lisant Robinson Crusoë de Daniel Defoe, ou la version moderne de Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique. Amusez-vous à comparer les deux visions du monde développées par les auteurs : un monde reconstruit chez Defoe – Robinson rebâtissant une civilisation à l’aune de ce qu’il connaît – face à un monde reconstruit puis déconstruit pour être enfin découvert, approché au plus près, dans sa nature et son essence intemporelle chez Tournier. Dans le récit de ce dernier, Robinson accepte de fait d’oublier ce qu’il connaît, se dépouille des reliquats de civilisation pour « épouser » la Terre comme le lui montre Vendredi…

– Si vous aimez les frissons, je vous conseille une autre île : L’île du docteur Moreau de H.G. Wells. D’étranges et glaçantes expérimentations s’y trament. Une seule certitude, celle de ressortir de cette lecture taraudé de questions : qu’est ce que l’humanité ? qu’est ce qu’être inhumain ? Où commence la nature et où finit l’animalité ? L’humanité est-elle dénaturante ? Ou est-ce la lutte contre les pulsions bestiales qui nous ronge et qui, peut-être, nous définit ?

– Et pour ceux qui feraient une indigestion d’îles flottantes, mais qui cherchent toutefois un peu d’exotisme, pourquoi ne pas se diriger en Inde pour découvrir Pavillons Lointains de M.M. Kaye ? L’écriture léchée de l’auteur fait découvrir une Inde rutilante, des joyaux des maharadjas aux dentelles architecturales des palais, en passant par les sommets brumeux se parant de couleurs crépusculaires… Au-delà du plaisir de lecture, l’histoire, passionnante, vous fera revivre, à travers les péripéties et les amours contrariés d’Ash et d’Anjuli, les conflits vécus par l’Inde et l’Afghanistan sous domination anglaise.

Temple de Lakshmana à Khajuraho, milieu du 10ème siècle

Temple de Lakshmana à Khajuraho, milieu du 10ème siècle

– Dans un souci d’exhaustivité n’oublions pas le continent africain, que vous pourrez découvrir en lisant Le Lion, de Joseph Kessel. La nature foisonnante, imposante du Kenya, sa terre riche et capricieuse y chantent à l’unisson avec les animaux, dont les nobles lions. Mais les hommes, bien que petits grains de sable face à cette nature majestueuse, jouent toutefois leur rôle. Car ce sont les grains de sable qui enrayent les rouages et font dérailler les « mécaniques » de la nature…

Franz Marc, Le rêve, 1912, Musée Thyssen Bornemisza, Madrid

Franz Marc, Le rêve, 1912, Musée Thyssen Bornemisza, Madrid

Par delà la colline…

En Amérique, la peinture de paysage de la première moitié du XXème siècle trouve pour commun dénominateur un même goût des collines et autres vallons.

Grant Wood - Landscape - 1930

Grant Wood – Landscape – 1930

Baignés de soleil, verdoyants à souhait, les champs s’étalent à perte de vue. Cette image d’un paysage infini, promettant profusion de récoltes, est caractéristique de la représentation de l’idéal américain. Cet idéal est décrit par les écrivains de la même période, et notamment John Steinbeck. Dans Les Raisins de la Colère, il renoue ainsi avec le rêve de l’ouest américain, véritable terre promise.
Ici, c’est la Californie qui incarne ce paradis regorgeant de terres arables et débordant de fruits juteux à souhait. Chez Steinbeck le voyage vers la terre promise se révèle semé d’embûches, pour s’apparenter au final à une désillusion.

En revanche, la peinture de la première moitié du XXème siècle est résolument optimiste. Le paysage y est une métaphore de la vie s’épanouissant, même lorsque les éléments se déchaînent, comme dans la toile The Hailstorm de Thomas Hart Benton.

Thomas Hart Benton - The Hailstorm - 1940

Thomas Hart Benton – The Hailstorm – 1940

Le paysage américain apparaît à la fois proche, familier (le monde rural) et lointain par l’étendue qu’il projette.  Une caractéristique que reprendra, à l’aube du XXIème, un artiste comme David Hockney (qui peint en revanche des paysages de son Angleterre natale).

Edward Hopper - Road in Maine - 1914

Edward Hopper – Road in Maine – 1914

L’impression d’espace est rendue grâce au vide coloré qui occupe une part importante des œuvres.  Les paysages y sont souvent assez dénudés, laissant circuler l’air.

Grant Wood - Young Corn - 1931

Grant Wood – Young Corn – 1931

La vision des grands espaces américains que proposent ces artistes du début du XXème siècle contraste avec celle proposée par les peintres de l’Hudson River School au XIXème siècle. Plus épique, elle s’attache aux paysages hors du commun ; gorges, falaises, grands lacs, ruines, etc. Les œuvres de Thomas Cole ou Albert Bierstadt sont exemplaires de ce souffle sublime, écho du mouvement romantique européen.

Thomas Cole - The Notch of the white moutains - 1839

Thomas Cole – The Notch of the white moutains – 1839

Albert Bierstadt - A storm in the rocky mountains, Mount Rosalie - 1866

Albert Bierstadt – A storm in the rocky mountains, Mount Rosalie – 1866