L’art du portrait : le visage en question #2

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Notre société, en surexposant les individus, en développant un culte toujours plus prononcé de la mise à nu et du dévoilement de son intimité, provoque paradoxalement une « désertion sociale » comme le note Gilles Lipovestsky, un désintérêt pour ce trop-plein de visible et une rupture avec tout autre que soi. Notre société a poussé le particularisme tellement loin que « plus la subjectivité est sollicitée, plus l’effet est anonyme et vide[1] ».

Or, d’un corps ou d’un visage particulier, l’artiste cherche justement à tirer l’universel (consciemment ou non).

Alberto Giacometti, Isaku Yanaihara, 1956, Art Institute, Chicago

Alberto Giacometti, Isaku Yanaihara, 1956, Art Institute, Chicago

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Dans la baignoire

Trois œuvres où la baignoire occupe une place centrale. Trois techniques différentes : une sculpture, une peinture, une photographie. Trois visions différentes de la sensualité et de l’intimité.

Edgar Degas - Le tub - 1886/89

Edgar Degas – Le tub – 1886/89

Chez Degas, nous avons une sensualité très lascive. La sculpture, très libre, se veut un exutoire aux mœurs étriquées du temps et aux freins sociaux en matière de sexualité. Le spectateur peut ici se délecter en tant que voyeur. La sexualité explose, elle n’est plus retenue comme dans les peintures de danseuses – réputées à l’époque pour leur morale douteuse et leur vénalité, pensons à ce sujets aux critiques émises à l’époque sur sa sculpture de la Petite Danseuse – ou dans certains nus à la toilette beaucoup plus sages.

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