Les sept péchés capitaux – La luxure

Jean Delville, Les trésors de Satan, 1894, Bruxelles, Musée Royal des Beaux-Arts

Jean Delville, Les trésors de Satan, 1894, Bruxelles, Musée Royal des Beaux-Arts

Pour illustrer la luxure, le choix était large, trop large. Écartant les artistes les plus sulfureux de Franz von Stuck à Hans Bellmer en passant par Félicien Rops, je vous propose une vision plutôt douce, voire lumineuse, de la luxure.

Pris dans un mouvement fluide, les corps soyeux des pêcheurs semblent ici entraînés plutôt malgré eux dans la spirale de la luxure. C’est donc l’abandon facile aux plaisirs de la chair qu’évoque Jean Delville. Le péché tient dans cet abandon, ce laisser-faire, plus que dans l’acte en lui-même. Un reproche adressé aux fidèles depuis le Moyen-Age.

La lumière dorée qui les enveloppe magnifie leurs corps. Satan, au-dessus des hommes, se pare d’une beauté à la fois resplendissante (l’origine latine de son nom signifiant de fait « porteur de lumière ») et malsaine. Du diable s’échappe en effet de large tentacules, rappelant à tous le côté vil de cet être trompeur et séducteur.

La beauté cache donc sa part de laideur. Si les corps sont glorieux, ils n’en sont pas moins souillés par la concupiscence que Satan suscite en eux.