Les sept péchés capitaux – La luxure

Jean Delville, Les trésors de Satan, 1894, Bruxelles, Musée Royal des Beaux-Arts

Jean Delville, Les trésors de Satan, 1894, Bruxelles, Musée Royal des Beaux-Arts

Pour illustrer la luxure, le choix était large, trop large. Écartant les artistes les plus sulfureux de Franz von Stuck à Hans Bellmer en passant par Félicien Rops, je vous propose une vision plutôt douce, voire lumineuse, de la luxure.

Pris dans un mouvement fluide, les corps soyeux des pêcheurs semblent ici entraînés plutôt malgré eux dans la spirale de la luxure. C’est donc l’abandon facile aux plaisirs de la chair qu’évoque Jean Delville. Le péché tient dans cet abandon, ce laisser-faire, plus que dans l’acte en lui-même. Un reproche adressé aux fidèles depuis le Moyen-Age.

La lumière dorée qui les enveloppe magnifie leurs corps. Satan, au-dessus des hommes, se pare d’une beauté à la fois resplendissante (l’origine latine de son nom signifiant de fait « porteur de lumière ») et malsaine. Du diable s’échappe en effet de large tentacules, rappelant à tous le côté vil de cet être trompeur et séducteur.

La beauté cache donc sa part de laideur. Si les corps sont glorieux, ils n’en sont pas moins souillés par la concupiscence que Satan suscite en eux.

Dans la baignoire

Trois œuvres où la baignoire occupe une place centrale. Trois techniques différentes : une sculpture, une peinture, une photographie. Trois visions différentes de la sensualité et de l’intimité.

Edgar Degas - Le tub - 1886/89

Edgar Degas – Le tub – 1886/89

Chez Degas, nous avons une sensualité très lascive. La sculpture, très libre, se veut un exutoire aux mœurs étriquées du temps et aux freins sociaux en matière de sexualité. Le spectateur peut ici se délecter en tant que voyeur. La sexualité explose, elle n’est plus retenue comme dans les peintures de danseuses – réputées à l’époque pour leur morale douteuse et leur vénalité, pensons à ce sujets aux critiques émises à l’époque sur sa sculpture de la Petite Danseuse – ou dans certains nus à la toilette beaucoup plus sages.

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