Mona Lisa et compagnie

La Joconde est un sujet de réinterprétation, et notamment de pastiche, abondamment utilisé par les artistes du XXème siècle.

Et vous, laquelle préférez-vous ? Le choix est vaste car l’icône a été copieusement maltraitée : une Joconde juvénile et obèse, une Joconde travestie, une Joconde barbouillée ?

Fernando Botero, Mona Lisa à l'âge de douze ans, 1959, New York, MoMA

Fernando Botero, Mona Lisa à l’âge de douze ans, 1959, New York, MoMA

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Echecs et mat

A trente ans d’intervalle, Marcel Duchamp et Maria Elena Vieira Da Silva ont peint deux parties d’échecs mettant sens dessus dessous l’espace pictural.
En effet, espace physique du plateau de jeu et espace conceptuel de la pensée s’y mêlent…

Marcel Duchamp - Les joueurs d'échecs - 1911

Marcel Duchamp – Les joueurs d’échecs – 1911

Maria Elena Vieira Da Silva - La partie d'échecs - 1943

Maria Elena Vieira Da Silva – La partie d’échecs – 1943

Chez Duchamp, par ailleurs fervent amateur d’échecs, les personnages n’ont pas de visage, de traits identifiables. Leur concentration sur le jeu et ses combinaisons possibles les caractérise seule. Cette concentration est telle que les circonvolutions de leur esprit s’extériorisent. Duchamp représente donc l’activité cérébrale intense qui anime les joueurs au point qu’elle déborde littéralement leur corps.
Mais à travers leurs supputations alambiquées, nos joueurs si méthodiques ne se leurrent-ils pas quant aux prouesses de leur esprit ? Car ici, le tableau nous montre bel et bien que le jeu leur échappe

Chez Vieira da Silva, ce ne sont plus les pions qui s’étendent autour des personnages, mais l’échiquier lui-même. Etiré à l’infini, se confondant avec le carrelage au sol, il fusionne peu à peu avec les protagonistes. Mise en abîme de l’homme absorbé corps et âme par le jeu.
L’espace qui se déploie autour des joueurs, cet échiquier géant, n’est plus ici l’espace matériel, mais bien l’immatériel espace où se déroule à l’infini la pensée.