L’art du portrait : le visage en question #2

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Notre société, en surexposant les individus, en développant un culte toujours plus prononcé de la mise à nu et du dévoilement de son intimité, provoque paradoxalement une « désertion sociale » comme le note Gilles Lipovestsky, un désintérêt pour ce trop-plein de visible et une rupture avec tout autre que soi. Notre société a poussé le particularisme tellement loin que « plus la subjectivité est sollicitée, plus l’effet est anonyme et vide[1] ».

Or, d’un corps ou d’un visage particulier, l’artiste cherche justement à tirer l’universel (consciemment ou non).

Alberto Giacometti, Isaku Yanaihara, 1956, Art Institute, Chicago

Alberto Giacometti, Isaku Yanaihara, 1956, Art Institute, Chicago

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Tristesse est un mot facile à inclure dans le vide

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Voici les lignes que j’écrivais à 16 ans, minée par une scolarité pénible. Elève brillante, j’ai en effet subi la persécution de mes camarades, de la primaire à la fin du lycée.

S’il n’est pas dans mes habitudes de partager mes expériences personnelles, il s’agit ici d’évoquer quelques points qui ont trouvé un écho dans mes recherches en littérature et en histoire de l’art.

L’expérience de la souffrance à l’école est malheureusement trop commune de nos jours. Toutefois, ce ne sont pas les vexations qui sont les plus violentes, mais leur négation. Autrement dit quand les acteurs, mais aussi les témoins, refusent de reconnaître à autrui son droit à la souffrance.

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