La peinture américaine des années 30

Du paysage à la ville en passant par le portrait, l’exposition proposée par le musée de l’Orangerie est variée, relativement brève certes, mais fort bien construite. Les artistes sélectionnés représentent la quintessence de la peinture de cette période.

Voici un petit passage en revue, que vous pourrez compléter en relisant mes articles sur la peinture de paysage américaine et sur l’Ashcan school.

Grant Wood - Young Corn - 1931

Grant Wood – Young Corn – 1931, Cedar Rapids Museum of Art

Le paysage américain et notamment ses vastes aires agraires fascinent les artistes. Grant Wood, John Steuart Curry, Alexandre Hogue ou encore Thomas Hart Benton s’y attachent tout particulièrement.

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Par delà la colline…

En Amérique, la peinture de paysage de la première moitié du XXème siècle trouve pour commun dénominateur un même goût des collines et autres vallons.

Grant Wood - Landscape - 1930

Grant Wood – Landscape – 1930

Baignés de soleil, verdoyants à souhait, les champs s’étalent à perte de vue. Cette image d’un paysage infini, promettant profusion de récoltes, est caractéristique de la représentation de l’idéal américain. Cet idéal est décrit par les écrivains de la même période, et notamment John Steinbeck. Dans Les Raisins de la Colère, il renoue ainsi avec le rêve de l’ouest américain, véritable terre promise.
Ici, c’est la Californie qui incarne ce paradis regorgeant de terres arables et débordant de fruits juteux à souhait. Chez Steinbeck le voyage vers la terre promise se révèle semé d’embûches, pour s’apparenter au final à une désillusion.

En revanche, la peinture de la première moitié du XXème siècle est résolument optimiste. Le paysage y est une métaphore de la vie s’épanouissant, même lorsque les éléments se déchaînent, comme dans la toile The Hailstorm de Thomas Hart Benton.

Thomas Hart Benton - The Hailstorm - 1940

Thomas Hart Benton – The Hailstorm – 1940

Le paysage américain apparaît à la fois proche, familier (le monde rural) et lointain par l’étendue qu’il projette.  Une caractéristique que reprendra, à l’aube du XXIème, un artiste comme David Hockney (qui peint en revanche des paysages de son Angleterre natale).

Edward Hopper - Road in Maine - 1914

Edward Hopper – Road in Maine – 1914

L’impression d’espace est rendue grâce au vide coloré qui occupe une part importante des œuvres.  Les paysages y sont souvent assez dénudés, laissant circuler l’air.

Grant Wood - Young Corn - 1931

Grant Wood – Young Corn – 1931

La vision des grands espaces américains que proposent ces artistes du début du XXème siècle contraste avec celle proposée par les peintres de l’Hudson River School au XIXème siècle. Plus épique, elle s’attache aux paysages hors du commun ; gorges, falaises, grands lacs, ruines, etc. Les œuvres de Thomas Cole ou Albert Bierstadt sont exemplaires de ce souffle sublime, écho du mouvement romantique européen.

Thomas Cole - The Notch of the white moutains - 1839

Thomas Cole – The Notch of the white moutains – 1839

Albert Bierstadt - A storm in the rocky mountains, Mount Rosalie - 1866

Albert Bierstadt – A storm in the rocky mountains, Mount Rosalie – 1866