Vivre, Jules Supervielle

Pour avoir mis le pied

sur le cœur de la nuit
je suis un homme pris
dans les rets étoilés.

J’ignore le repos
que connaissent les hommes
et même mon sommeil
est dévoré de ciel.

Nudité de mes jours,
on t’a crucifiée ;
oiseaux de la forêt
dans l’air tiède, glacés.

Ah ! vous tombez des arbres.

Vivre, extrait de Gravitations suivi de Débarcadères, Jules Supervielle, 1925-1956

Gerhard Richter, Sternbild, 1969

Gerhard Richter, Sternbild, 1969

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Miroir, miroir

Le miroir est un objet très représenté dans l’histoire de l’art. Au-delà de sa singularité lorsqu’il déforme les traits (du Parmesan à Escher), des jeux de coquetterie (de Titien à Goya), des mises en abîme ou des échanges de regards (Van Eyck, Vélasquez) le miroir propose une véritable réflexion – c’est le cas de le dire – sur le Je et l’identité.

Selon l’acception commune, le miroir est un objet reflétant ce qui se trouve devant lui. Il permet de délivrer une identité, d’opérer un retour à soi.

Mais qu’en est-il des miroirs mensongers que l’on rencontre dans certaines œuvres d’art ?

René Magritte, La reproduction interdite, 1937, Rotterdam, Musée Boymans van Beuningen

René Magritte, La reproduction interdite, 1937, Rotterdam, Musée Boymans van Beuningen

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C’est lundi que lisez-vous #12

De retour pour le rendez-vous littéraire du lundi organisé par le blog de Galleane. Le principe est simple :

« Il vous suffit chaque lundi de répondre à ces trois questions :
Qu’ai-je lu la semaine passée ?
Que suis-je en train de lire en ce moment ?
Que vais-je lire ensuite ? »

La semaine passée, j’ai terminé La Zone du dehors d’Alain Damasio, que j’ai chroniqué ici, et Les Lions d’Al-Rassan, de Guy Gavriel Kay.

Ce roman a été une jolie découverte : dans une Espagne fantasmée du temps des califes, plusieurs royaumes s’affrontent pour la conquête du territoire et/ou le triomphe de leur foi. Les manœuvres politiques sont subtilement distillées tout au long du roman et ce n’est qu’à la fin que tout s’accélère (un peu trop à mon goût).

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Agir hors-champ : Alain Damasio, la Zone du Dehors

Aujourd’hui je souhaite vous parler d’un livre qui m’a remuée. La Zone du dehors d’Alain Damasio n’a pas été une lecture-plaisir. Plutôt un effort tendu tant les réflexions ont roulé telles des nuages chargés d’orage dans mon esprit.

Jamais un livre de science-fiction n’aura été si peu « fiction » à mon sens. Au contraire on y trouve un bouillonnement de reflets de notre société actuelle. Ce livre se veut un avertissement sur la pente déjà amorcée. Un outil pour se réveiller.

Nicolas Fructus, couverture de "La Zone du dehors" d'Alain Damasio

Nicolas Fructus, couverture de « La Zone du dehors » d’Alain Damasio

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Animal

Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle sélection thématique : les romans ayant des animaux pour personnages principaux.

Le Douanier Rousseau, Deux lions à l'affût dans la jungle, vers 1909-1910, collection privée

Le Douanier Rousseau, Deux lions à l’affût dans la jungle, vers 1909-1910, collection privée

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Anecdotes en couleurs

Aujourd’hui, je vous présente sous forme de morceaux choisis trois livres de Michel Pastoureau, spécialiste de l’histoire des couleurs et de l’héraldique : Vert, histoire d’une couleur ; Rouge histoire d’une couleur et Bleu, histoire d’une couleur !

De l’antiquité à nos jours, Pastoureau retrace dans ces essais l’histoire de l’emploi de la couleur, ses acceptions symboliques, son usage social, scientifique et artistique.

Olivier Debré, le petit chemin, 1966, collection privée

Olivier Debré, le petit chemin, 1966, collection privée

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Cette lumière – Pablo Neruda

Aujourd’hui je dédie le poème suivant à tous ceux qui s’y reconnaîtront.

Car comme Pablo Neruda, je me souviens, et je sais que l’obscurité de l’Autre est cousue d’étoiles.

Gerhard Richter, Sternbild, 1969, Musée Frieder Burda, Baden-Baden

Gerhard Richter, Sternbild, 1969, Musée Frieder Burda, Baden-Baden

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Les œufs fatidiques – Mikhail Boulgakov

Une fois n’est pas coutume, voici une chronique de saison. Pas sûr toutefois que l’ouvrage de Mikhail Boulgakov vous mette en appétit !

Dans les Oeufs Fatidiques, court roman écrit en 1924, Boulgakov raconte une catastrophe s’abattant sur Moscou.

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