L’épouse de bois

Aujourd’hui, au détour d’un méandre de la Labyrinthèque, je vous propose de découvrir un livre étonnant, où la puissance et la magie de la nature sont célébrées.

L’épouse de Bois de Terri Windling raconte l’histoire de la poétesse Maggie Black, débarquée dans les Rincons en Arizona, où elle hérite de la maison d’un confrère poète. Là, elle y découvre la vie dans le désert, ses habitants, humains mais aussi esprits de l’eau, de la nuit, des arbres ou encore du vent…

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Loin d’une vision lumineuse, Terri Windling en appelle aux mythes chamaniques amérindiens et dépeint des êtres sombres, aux préoccupations étrangères à l’humanité. Tantôt curieuses, tantôt cruelles, ces créatures fascinantes sont à jamais inquiétantes.

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Tristesse est un mot facile à inclure dans le vide

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Voici les lignes que j’écrivais à 16 ans, minée par une scolarité pénible. Elève brillante, j’ai en effet subi la persécution de mes camarades, de la primaire à la fin du lycée.

S’il n’est pas dans mes habitudes de partager mes expériences personnelles, il s’agit ici d’évoquer quelques points qui ont trouvé un écho dans mes recherches en littérature et en histoire de l’art.

L’expérience de la souffrance à l’école est malheureusement trop commune de nos jours. Toutefois, ce ne sont pas les vexations qui sont les plus violentes, mais leur négation. Autrement dit quand les acteurs, mais aussi les témoins, refusent de reconnaître à autrui son droit à la souffrance.

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Quéquette en toc et tétin flétri – Poésie fleurie des siècles derniers

Petite réjouissance littéraire du jour : deux poèmes de l’Antiquité et de la Renaissance. Attention, langage cru, laideur et comique sont au rendez-vous :

Dans le premier texte, extrait des Priapées (1er siècle), Priape, affligé d’un pénis géant et d’une lubricité égale, s’adresse à une femme :

« Tu me regardes comme une marionnette,
Avec une serpette de bois et une quéquette en toc.
Cette quéquette je te la fourrerai, tu te la prendras tout entière enfourrée, à la loyale,
Et tu vas en sentir la taille.
Elle est plus raide qu’un treuil, plus bandée qu’une lyre
Et je te l’enfoncerai jusqu’à la septième côte.

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Des roses pour les amoureux d’art

Pour la Saint-Valentin, la Labyrinthèque vous offre des roses !

Raoul Dufy, Les roses, vers 1942, Musée d'art moderne de la ville de Paris

Raoul Dufy, Les roses, vers 1942, Musée d’art moderne de la ville de Paris

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L’inspiration de 2017

Pour commencer l’année 2017 en Beauté, un poème s’impose :

« Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,

Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l’horizon
De ma raison,

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Marche doucement…

Hervé Guibert, Agneaudoux, 1981

Hervé Guibert, Agneaudoux, 1981

Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent,
Le mystérieux secret, le secret éternel,
De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais moi qui suis pauvre et n’ai que mes rêves,
Sous tes pas je les ai déroulés.
Marche doucement car tu marches sur mes rêves.

William Butler Yeats, Lui qui aurait voulu pouvoir offrir le ciel, 1899

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Entre l’âme et l’obscurité

« Je t’appelle : viens à l’antique escalier en spirale
Concentre-toi de tout ton esprit sur la montée raide,
Sur les créneaux ruinés qui s’effritent,
Sur l’air constellé que nul souffle n’agite,
Sur l’étoile qui indique le pôle caché ;
Concentre toutes tes pensées errantes sur
Ce lieu où la pensée s’élabore :
Qui peut distinguer entre l’âme et l’obscurité ?

[…]

Olivier Debré, Lysne noir, 1974, Galerie Haaken, Oslo

Olivier Debré, Lysne noir, 1974, Galerie Haaken, Oslo

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L’arbre et l’oiseau

Paul Klee, oiseau et forêt, 1920

Paul Klee, oiseau et forêt, 1920

« Un peuplier sous les étoiles
que peut-il.
et l’oiseau dans le peuplier
rêvant, la tête sous l’exil
tout proche et lointain de ses ailes,
que peuvent-ils tous les deux
dans leur alliance confuse
de feuillages et de plumes
pour gauchir la destinée.
Le silence les protège
et le cercle de l’oubli
jusqu’au moment où se lèvent
le soleil, les souvenirs.
Alors l’oiseau de son bec
coupe en lui le fil du songe
et l’arbre déroule l’ombre
qui va le garder tout le jour. »

Jules Supervielle, Tiges, extrait du recueil Gravitations suivi de Débarcadères (1925-1956)

Paul Klee, Jardin d'oiseaux, 1924, Munich, Pinakothek der Moderne

Paul Klee, Jardin d’oiseaux, 1924, Munich, Pinakothek der Moderne