Vivre, Jules Supervielle

Pour avoir mis le pied

sur le cœur de la nuit
je suis un homme pris
dans les rets étoilés.

J’ignore le repos
que connaissent les hommes
et même mon sommeil
est dévoré de ciel.

Nudité de mes jours,
on t’a crucifiée ;
oiseaux de la forêt
dans l’air tiède, glacés.

Ah ! vous tombez des arbres.

Vivre, extrait de Gravitations suivi de Débarcadères, Jules Supervielle, 1925-1956

Gerhard Richter, Sternbild, 1969

Gerhard Richter, Sternbild, 1969

Publicités

Cette lumière – Pablo Neruda

Aujourd’hui je dédie le poème suivant à tous ceux qui s’y reconnaîtront.

Car comme Pablo Neruda, je me souviens, et je sais que l’obscurité de l’Autre est cousue d’étoiles.

Gerhard Richter, Sternbild, 1969, Musée Frieder Burda, Baden-Baden

Gerhard Richter, Sternbild, 1969, Musée Frieder Burda, Baden-Baden

Lire la suite

Quand on est chat #5

Karel Appel, The Circus Suite, Le Chat Clown from Portfolio III, 1978, collection privée

Karel Appel, The Circus Suite, Le Chat Clown from Portfolio III, 1978, collection privée

Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil

Maurice Carême, L’Arlequin, 1972

Lire la suite

L’épouse de bois

Aujourd’hui, au détour d’un méandre de la Labyrinthèque, je vous propose de découvrir un livre étonnant, où la puissance et la magie de la nature sont célébrées.

L’épouse de Bois de Terri Windling raconte l’histoire de la poétesse Maggie Black, débarquée dans les Rincons en Arizona, où elle hérite de la maison d’un confrère poète. Là, elle y découvre la vie dans le désert, ses habitants, humains mais aussi esprits de l’eau, de la nuit, des arbres ou encore du vent…

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Loin d’une vision lumineuse, Terri Windling en appelle aux mythes chamaniques amérindiens et dépeint des êtres sombres, aux préoccupations étrangères à l’humanité. Tantôt curieuses, tantôt cruelles, ces créatures fascinantes sont à jamais inquiétantes.

Lire la suite

Tristesse est un mot facile à inclure dans le vide

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Voici les lignes que j’écrivais à 16 ans, minée par une scolarité pénible. Elève brillante, j’ai en effet subi la persécution de mes camarades, de la primaire à la fin du lycée.

S’il n’est pas dans mes habitudes de partager mes expériences personnelles, il s’agit ici d’évoquer quelques points qui ont trouvé un écho dans mes recherches en littérature et en histoire de l’art.

L’expérience de la souffrance à l’école est malheureusement trop commune de nos jours. Toutefois, ce ne sont pas les vexations qui sont les plus violentes, mais leur négation. Autrement dit quand les acteurs, mais aussi les témoins, refusent de reconnaître à autrui son droit à la souffrance.

Lire la suite

Quéquette en toc et tétin flétri – Poésie fleurie des siècles derniers

Petite réjouissance littéraire du jour : deux poèmes de l’Antiquité et de la Renaissance. Attention, langage cru, laideur et comique sont au rendez-vous :

Dans le premier texte, extrait des Priapées (1er siècle), Priape, affligé d’un pénis géant et d’une lubricité égale, s’adresse à une femme :

« Tu me regardes comme une marionnette,
Avec une serpette de bois et une quéquette en toc.
Cette quéquette je te la fourrerai, tu te la prendras tout entière enfourrée, à la loyale,
Et tu vas en sentir la taille.
Elle est plus raide qu’un treuil, plus bandée qu’une lyre
Et je te l’enfoncerai jusqu’à la septième côte.

Lire la suite

Des roses pour les amoureux d’art

Pour la Saint-Valentin, la Labyrinthèque vous offre des roses !

Raoul Dufy, Les roses, vers 1942, Musée d'art moderne de la ville de Paris

Raoul Dufy, Les roses, vers 1942, Musée d’art moderne de la ville de Paris

Lire la suite

L’inspiration de 2017

Pour commencer l’année 2017 en Beauté, un poème s’impose :

« Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,

Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l’horizon
De ma raison,

Lire la suite