Un poème de Gérard de Nerval

Chants élégiaques – Le 5 mai (extrait)

Le soleil s’est caché sous de sombres nuages

un vent précurseur des orages

glisse dans l’horreur des forêts,

du peuplier et du tremble,

on voit s’agiter les sommets

la crainte et l’effroi rassemblent

les timides oiselets ;

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Guillaume Apollinaire, Tristesse d’une étoile

« Une belle Minerve est l’enfant de ma tête
Une étoile de sang me couronne à jamais
La raison est au fond et le ciel au faîte
Du chef où dès longtemps Déesse tu t’armais


C’est pourquoi de mes maux ce n’était pas le pire
Ce trou presque mortel qui s’est étoilé
Mais le secret malheur qui nourrit mon délire
Est bien plus grand qu’aucune âme ait jamais celé


Et je porte avec moi cette ardente souffrance
Comme le ver luisant tient son corps enflammé
Comme au cœur du soldat il palpite la France
Et comme au cœur du lys le pollen parfumé »

Gerhard Richter, Constellation, 1970

Pablo Neruda – Le roi maudit

Le roi maudit est un poème de Pablo Neruda, qui m’évoque la jungle ancestrale, sombre, riche d’humus et à la faune à la fois dangereuse et sublime. Je vous laisse découvrir ce bel hommage à la nature indomptable :

Théodore Rousseau – La forêt en hiver à l’aube – 1845-1846 – Metropolitan Museum of Art

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Emily Dickinson – Car l’adieu, c’est la nuit

De son recueil Car l’adieu, c’est la nuit, j’ai retenu d’Emily Dickinson une écriture à la fois délicate et syncopée, Inspirée – au sens religieux du terme – mais également funèbre.

Portrait d'Emily Dickinson, 1846-1847

Portrait d’Emily Dickinson, 1846-1847

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Vivre, Jules Supervielle

Pour avoir mis le pied

sur le cœur de la nuit
je suis un homme pris
dans les rets étoilés.

J’ignore le repos
que connaissent les hommes
et même mon sommeil
est dévoré de ciel.

Nudité de mes jours,
on t’a crucifiée ;
oiseaux de la forêt
dans l’air tiède, glacés.

Ah ! vous tombez des arbres.

Vivre, extrait de Gravitations suivi de Débarcadères, Jules Supervielle, 1925-1956

Gerhard Richter, Sternbild, 1969

Gerhard Richter, Sternbild, 1969

Cette lumière – Pablo Neruda

Aujourd’hui je dédie le poème suivant à tous ceux qui s’y reconnaîtront.

Car comme Pablo Neruda, je me souviens, et je sais que l’obscurité de l’Autre est cousue d’étoiles.

Gerhard Richter, Sternbild, 1969, Musée Frieder Burda, Baden-Baden

Gerhard Richter, Sternbild, 1969, Musée Frieder Burda, Baden-Baden

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Quand on est chat #5

Karel Appel, The Circus Suite, Le Chat Clown from Portfolio III, 1978, collection privée

Karel Appel, The Circus Suite, Le Chat Clown from Portfolio III, 1978, collection privée

Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil

Maurice Carême, L’Arlequin, 1972

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L’épouse de bois

Aujourd’hui, au détour d’un méandre de la Labyrinthèque, je vous propose de découvrir un livre étonnant, où la puissance et la magie de la nature sont célébrées.

L’épouse de Bois de Terri Windling raconte l’histoire de la poétesse Maggie Black, débarquée dans les Rincons en Arizona, où elle hérite de la maison d’un confrère poète. Là, elle y découvre la vie dans le désert, ses habitants, humains mais aussi esprits de l’eau, de la nuit, des arbres ou encore du vent…

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Loin d’une vision lumineuse, Terri Windling en appelle aux mythes chamaniques amérindiens et dépeint des êtres sombres, aux préoccupations étrangères à l’humanité. Tantôt curieuses, tantôt cruelles, ces créatures fascinantes sont à jamais inquiétantes.

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