A propos Sophie - La Labyrinthèque

La Labyrinthèque m'a été inspirée par la Bibliothèque de Babel décrite par J.L. Borges : une bibliothèque dont les ramifications s'étendent à l'infini, un lieu en perpétuel devenir. L'intéressant n'est pas de s'y retrouver mais bien de s'y perdre...

C’est lundi que lisez-vous ? #5

La Labyrinthèque participe au rendez-vous littéraire du lundi initié par Mallou et repris par Galleane. Le principe est simple :

« Il vous suffit chaque lundi de répondre à ces trois questions :
Qu’ai-je lu la semaine passée ?
Que suis-je en train de lire en ce moment ?
Que vais-je lire ensuite ? »

Couverture du Nabab de Irène Frain

Couverture du Nabab de Irène Frain

La semaine passée, je me suis plongée en Orient avec Le Nabab d’Irène Frain. L’histoire, inspirée de faits réels, d’un jeune mousse breton un peu filou embarqué pour les Indes au 18ème siècle. Madec se retrouvera nabab après avoir côtoyé des rajahs, combattu pour l’armée anglaise puis française, désiré puis abandonné une princesse guerrière du nom de Sarasvati.

Ce roman vaut le détour pour son aspect immersif : la ville de Godh, chamarrée et populeuse ; la vie des concubines au zénana, lascive et désabusée ; les pratiques de l’amour aux noms poétiques (comme l’occident manque d’imagination sur ce sujet !) ; les aliments aux saveurs douces et enivrantes…

Le dernier tiers du roman m’a en revanche un peu déçue, l’intrigue perd en intensité une fois l’amour entre les principaux protagonistes consommé.

Couverture du Vent dans les Saules de Kenneth Grahame

Couverture du Vent dans les Saules de Kenneth Grahame

Couverture de L'Etoile du Matin de David Gemmell

Couverture de L’Etoile du Matin de David Gemmell

Actuellement, je lis Le Vent dans les Saules, classique de la littérature anglaise pour enfants écrit en 1908 par Kenneth Grahame. Magnifiquement illustré par Inga Moore, ce livre est une ode à la nature et à la vie campagnarde.

Parallèlement, je lis le très plaisant L’étoile du matin de David Gemmell. La plume de l’auteur est très fluide et humoristique, l’intrigue de fantasy tout à fait passionnante bien que des plus classiques.

Couverture de Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz

Couverture de Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz

La semaine prochaine, je prévois de lire à nouveau un roman historique avec le fameux Quo Vadis ? d’Henryk Sienkiewicz.

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L’art du portrait : le visage en question #1

Durant mes études supérieures, j’ai écrit un mémoire sur la représentation du visage dans les portraits peints du 20è siècle, en m’interrogeant sur son altération (en particulier à travers les procédés d’effacement et de recouvrement).

Après avoir élagué, dépoussiéré, nettoyé, maudit, lustré ce texte, je vous le fais partager à travers une série d’articles.

Miquel Barcelo, Autoretrat Fumat, 2010

Miquel Barcelo, Autoretrat Fumat, 2010

Tout portrait fait état d’une absence. Il donne en effet à voir l’absence du modèle et son remplacement par une représentation picturale. Dès l’origine mythique du dessin, l’image semble destinée à rappeler l’absent : au 1er siècle, Pline rapporte ainsi le mythe de Dibutade, jeune fille traçant sur un mur le profil du visage de son amant qui part à la guerre. Au 20ème siècle, si le portrait continue de rappeler l’absent, il insiste sur l’absence elle-même.

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Expositions automnales

Je vous propose aujourd’hui un petit tour d’horizon de quelques œuvres admirées au détour d’expositions parisiennes.

En effet, deux splendides expositions se terminent cet automne, qui, contre toute attente, rassemblent quelques points communs : la rétrospective « David Hockney », au Centre Pompidou et « Paysages Japonais » au Musée Guimet.

David Hocney, A closer winter tunnel, 2006, Art Gallery of New South Wales, Sydney

David Hockney, A closer winter tunnel, 2006, Art Gallery of New South Wales, Sydney

Kesai Eisen, 69 relais du Kisokaido, Oi, 1835-40

Kesai Eisen, 69 relais du Kisokaido, Oi, 1835-40

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Tristesse est un mot facile à inclure dans le vide

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Tristesse (c)SophieBlanchard2007

Voici les lignes que j’écrivais à 16 ans, minée par une scolarité pénible. Elève brillante, j’ai en effet subi la persécution de mes camarades, de la primaire à la fin du lycée.

S’il n’est pas dans mes habitudes de partager mes expériences personnelles, il s’agit ici d’évoquer quelques points qui ont trouvé un écho dans mes recherches en littérature et en histoire de l’art.

L’expérience de la souffrance à l’école est malheureusement trop commune de nos jours. Toutefois, ce ne sont pas les vexations qui sont les plus violentes, mais leur négation. Autrement dit quand les acteurs, mais aussi les témoins, refusent de reconnaître à autrui son droit à la souffrance.

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Les anges ne vieillissent pas – à propos d’Henri Matisse et Marc Chagall

On a souvent dit des artistes Henri Matisse et de Marc Chagall qu’ils sont des chantres de la couleur. Bien au-delà, ils sont de véritables conteurs de la joie de vivre.

Marc Chagall, La Danse, 1950-1951, Paris, Centre Pompidou

Marc Chagall, La Danse, 1950-1951, Paris, Centre Pompidou

Pour tous les deux, la révélation de la couleur comme expression de l’émotion créatrice se fait progressivement pour atteindre un apogée au milieu du 20è siècle.

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C’est lundi, que lisez-vous ? #4

La Labyrinthèque participe au rendez-vous littéraire du lundi initié par Mallou et repris par Galleane, le principe est simple :

« Il vous suffit chaque lundi de répondre à ces trois questions :
Qu’ai-je lu la semaine passée ?
Que suis-je en train de lire en ce moment ?
Que vais-je lire ensuite ? »

J’ai terminé le très bon Ayla et le Clan des Ours de Jean M. Auel : sympathique roman historique sur la vie de nos ancêtres préhistoriques, décrivant la vie en société, les rites, les pratiques de chasse, la médecine, les habitus sociaux, mais aussi le changement et ce qu’il provoque chez des êtres profondément superstitieux.

Couverture des Scarifiés de China Miéville

Couverture des Scarifiés de China Miéville

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« Khadija » de Marek Halter – LC avec Le Rest’o Littéraire

Khadija, roman rédigé en 2014 par Marek Halter, est ma première lecture commune avec Nina du blog Le Rest’o Littéraire. Deux avis valant mieux qu’un, c’est avec plaisir que nous avons confronté nos expériences pour vous proposer ce double billet !

Couverture de Khadija de Marek Halter

Couverture de Khadija de Marek Halter

— Mon avis —

A travers Khadija (premier tome d’une trilogie intitulée « Les femmes de l’islam« ), Marek Halter rend hommage à une femme de caractère, dont l’amour et la finesse d’esprit imprègneront Muhammad, le futur prophète de l’islam.

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Quéquette en toc et tétin flétri – Poésie fleurie des siècles derniers

Petite réjouissance littéraire du jour : deux poèmes de l’Antiquité et de la Renaissance. Attention, langage cru, laideur et comique sont au rendez-vous :

Dans le premier texte, extrait des Priapées (1er siècle), Priape, affligé d’un pénis géant et d’une lubricité égale, s’adresse à une femme :

« Tu me regardes comme une marionnette,
Avec une serpette de bois et une quéquette en toc.
Cette quéquette je te la fourrerai, tu te la prendras tout entière enfourrée, à la loyale,
Et tu vas en sentir la taille.
Elle est plus raide qu’un treuil, plus bandée qu’une lyre
Et je te l’enfoncerai jusqu’à la septième côte.

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