A propos Sophie - La Labyrinthèque

La Labyrinthèque m'a été inspirée par la Bibliothèque de Babel décrite par J.L. Borges : une bibliothèque dont les ramifications s'étendent à l'infini, un lieu en perpétuel devenir. L'intéressant n'est pas de s'y retrouver mais bien de s'y perdre...

L’art du portrait : le visage en question #6

⇒ Lire les articles précédents : #1 ; #2 ; #3 ; #4 ; #5

Si l’œuvre cherche à présenter une réalité, c’est une réalité proprement picturale, qui s’exprime sur le mode de l’irréalisation ; ici irréalisation de la copie.

Zoran Music, Autoportrait, 1990, Galerie Ditesheim, Neuchatel

Zoran Music, Autoportrait, 1990, Galerie Ditesheim, Neuchatel

Un mouvement de fluctuation perpétuelle entre apparition et disparition amène le sujet dans un entre-deux entre présence et absence, se manifestant par le clair-obscur chez Zoran Music. Une technique parfois reprise par Hélène Schjerfbeck, notamment dans son Autoportrait vert « lumière et ombres » et Eugène Leroy dans un Autoportrait de 1962.

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L’épouse de bois

Aujourd’hui, au détour d’un méandre de la Labyrinthèque, je vous propose de découvrir un livre étonnant, où la puissance et la magie de la nature sont célébrées.

L’épouse de Bois de Terri Windling raconte l’histoire de la poétesse Maggie Black, débarquée dans les Rincons en Arizona, où elle hérite de la maison d’un confrère poète. Là, elle y découvre la vie dans le désert, ses habitants, humains mais aussi esprits de l’eau, de la nuit, des arbres ou encore du vent…

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Brian Froud, Elfin Knight, 1976

Loin d’une vision lumineuse, Terri Windling en appelle aux mythes chamaniques amérindiens et dépeint des êtres sombres, aux préoccupations étrangères à l’humanité. Tantôt curieuses, tantôt cruelles, ces créatures fascinantes sont à jamais inquiétantes.

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Tag « Liebster Award »

J’ai été nommée par Nina du blog Le Rest’o Littéraire pour répondre à quelques questions sur mon rapport à la lecture dans le cadre du Tag « Liebster Award ». Ce tag permet de découvrir les habitudes et goûts des blogueurs. Voici donc quelques fils rouges de la Labyrinthèque !

  • Depuis quand tiens-tu ton blog et pourquoi l’as-tu commencé ?

Je me suis lancée en juin 2013, un an après la fin de mon master en Médiation Culturelle, dans l’idée de faire partager mes travaux de recherche en histoire de l’art effectués tout au long de mes études.

J’ai d’ailleurs récemment (enfin !) entrepris de recycler mon mémoire de master de recherche de deuxième année en une série d’articles intitulée « L’art du portrait : le visage en question ».

Outre l’histoire de l’art, je suis aussi passionnée de littérature, que j’ai convoquée à de nombreuses reprises durant mes études. J’en profite donc pour chroniquer régulièrement sur ce second sujet.

  • Quel livre t’as le plus marqué dans ta vie ?

Question traîtresse… j’ai eu beaucoup d’émerveillements, alors je citerai plusieurs genres différents : en fantasy Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, en roman populaire du 19ème Les Mystères de Paris d’Eugène Sue, en vulgarisation scientifique Cosmos de Carl Sagan. J’apprécie aussi beaucoup la poésie, et tout particulièrement la sensibilité crépusculaire de Rainer Maria Rilke et de William Butler Yeats.
Et pour terminer je cite bien sûr Fictions de J.L. Borges qui m’a inspiré la création de ce blog !

Jules Chéret, affiche Les Mystères de Paris par Eugène Sue, 1885, Bibliothèque Nationale de France, Paris

Jules Chéret, affiche Les Mystères de Paris par Eugène Sue, 1885, Bibliothèque Nationale de France, Paris

  • Quel coup de cœur as-tu découvert sur la blogosphère ?

Mon dernier coup de cœur a été pour Les Seigneurs de Bohen d’Estelle Faye que j’ai découvert sur le blog Au Pays des Cave Trolls. Un roman de fantasy à l’intrigue parfaitement menée et aux personnages très réels et attachants.

Couverture des Seigneurs de Bohen d'Estelle Faye

Couverture des Seigneurs de Bohen d’Estelle Faye

  • Ton auteur préféré ?

Encore une question impossible ! Si je dois me fier au nombre de livres lus, Gaston Leroux (romancier populaire du 19ème), mais beaucoup d’autres sont chers à mon cœur, parfois pour un seul livre, parfois pour dix ! Tolkien, Gary Jennings, Margaret Mitchell, Jane Austen, Baudelaire, Dumas père… (je m’arrête là !)

  • Pourquoi la lecture ? Que te procure-t-elle ?

Voyager, indéniablement. Oublier tout et changer de vie, l’espace de quelques instants. Romans historiques, science-fiction, fantasy, intrigues policières, récits de voyage… tout du moment que l’on ne me parle pas de la réalité quotidienne. Donc pas de Françoise Sagan et des auteurs du même style.

  • Une personne ou personnage célèbre qui t’a marqué et pourquoi ?

J’aime bien Einstein qui, au-delà de ses remarquables travaux scientifiques, avait une belle philosophie de vie (à ce propos, son petit ouvrage Comment je vois la Vie est très sympathique et intelligent).

Sinon j’ai toujours été fascinée par André Brahic (hélas décédé désormais). Cet astrophysicien savait transmettre sa passion avec entrain et bienveillance (c’est en tous cas ce qu’il me semblait à l’écouter lors d’émissions radio ou télé). Je ne l’ai jamais rencontré mais j’aurais beaucoup aimé !

De façon générale, je trouve que beaucoup de grands scientifiques sont très rêveurs et compassionnés. Peut-être parce que leur travail – chercher à comprendre l’inconnu – leur confère une formidable ouverture d’esprit. Ou peut-être est-ce l’inverse. En tous cas cela m’inspire.

  • As-tu des manies de lecteur avant, pendant ou après ta lecture ?

Pendant ma lecture j’aime bien triturer le livre et sentir l’odeur des pages (bon, pas toutes les cinq secondes non plus !).

De façon générale, j’aime bien lire quand je suis au chaud et bien installée : sous un plaid, dans un bain ou avec une tasse de thé et du chocolat !.

  • Lorsque tu ne lis pas et que tu ne travailles pas, que fais-tu ?

Je suis amoureuse de la nature mais aussi des belles architectures (et à un degré plus fort, des ruines) ; j’adore me promener et découvrir des paysages, si possible après une bonne marche. Je suis assez sportive, je pratique aussi la danse, des activités cardio…
Et j’essaie de trouver le temps pour regarder quelques séries et jouer à mes jeux vidéo préférés ! Bref, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, si quelqu’un a un retourneur de temps en sa possession, j’achète !

  • As-tu des animaux ? (avec des photos si l’envie t’en dit)

Un chat que j’ai eu à mes dix ans. Il est gentil, un peu malade et il sent fort. Il est très retors et parvient toujours à ses fins, notamment m’amener à le fournir en sucre et en gras.

©SophieBlanchard2007

©SophieBlanchard2007

  • Comment ranges-tu tes livres dans ta bibliothèque ?

Euh pour quoi faire ? On prend la place qu’il reste sur l’étagère et hop !

Plus sérieusement, je les range par taille (du plus grand au plus petit sur une même étagère). L’idée est que ça ne dépare pas visuellement.

J’ai une ou deux collections que j’aime bien mettre ensemble, notamment mes Jules Verne (les couvertures rouges du Livre de Poche sont jolies).

  • Lors de tes achats livresques, qu’est-ce qui t’attire vers un livre ?

La couverture ! Ayant étudié l’histoire des arts, l’attrait du visuel n’est guère étonnant. Dans un second temps je lis le résumé, rien de bien original sur ce point. Sinon je me fie beaucoup aux avis de mes blogueurs fétiches. Je vous invite d’ailleurs à les découvrir en suivant les liens à droite de la page !

Je précise aussi que j’achète bien moins de livres que je n’en emprunte à la bibliothèque. Habitude prise dans mon enfance avec ma maman qui nous emmenait mon frère et moi à la bibliothèque de la ville. J’adorais la disposition des étagères, la moquette, l’odeur, le bruit des « bips » quand on démagnétisait les livres.

L’art du portrait : le visage en question #5

⇒ Lire les précédents articles : #1 ; #2 ; #3 ; #4

Le portrait opère le sujet. Il en est l’opérateur, celui qui le fait fonctionner, le met en marche. Le peintre, quant à lui, opère le sujet en tant qu’il est le chirurgien du tableau : il pratique une intervention. Il s’agit donc d’ouverture, d’extraction, à fin de libération. Une forme de violence ou d’agression caractérise la nature intrusive de cette opération.

Le portrait est amené à exposer un individu. La réalisation d’un portrait suppose un modèle, avec lequel l’artiste tisse ou non des liens qui peuvent devenir rapports de forces. En effet se prêter à son regard n’est pas sans risque : il peut trahir, calomnier, voire flatter. Le portrait est une mise à nu, un dévoilement du modèle, dans une réinterprétation que l’artiste offre au regard du spectateur.

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L’art du portrait : le visage en question #4

⇒ Lire les articles précédents : #1 ; #2 ; #3

L’identité, au-delà de la personnalité, comprend le genre et la nature. Or le portrait se permet toutes les dénaturations. La peinture institue en effet un mouvement d’abstraction au sein duquel se produit une réorganisation des formes. Dès lors, l’imaginaire du peintre fait ressortir la déformation de l’être. Non seulement le portrait produit une torsion plastique, mais il montre aussi ces pulsions et autres caractères animaux qui « déforment » l’homme. Celui-ci s’efface alors devant ses instincts. Le portrait évoque le « monstrueux » et l’anormal à travers la représentation d’êtres hybrides.

Francis Bacon, Study after Velasquez, 1950, collection particulière

Francis Bacon, Study after Velasquez, 1950, collection particulière

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C’est lundi que lisez-vous #6

La Labyrinthèque participe au rendez-vous littéraire du lundi initié par Mallou et repris par Galleane. Le principe est simple :

« Il vous suffit chaque lundi de répondre à ces trois questions :
Qu’ai-je lu la semaine passée ?
Que suis-je en train de lire en ce moment ?
Que vais-je lire ensuite ? »

Couverture de Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz

Couverture de Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz

La semaine passée a été riches en belles surprises : d’abord L’étoile du Matin de David Gemmell, un bon roman de fantasy, fluide et prenant. Ensuite Quo Vadis d’Henryk Sienkiewicz. Ecrit au début du siècle, ce roman est l’exemple même du péplum. Non le genre épique aux péripéties dignes d’un Ben Hur, mais le genre reconstitution historique immersive.

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L’art du portrait : le visage en question #3

⇒ Lire les articles précédents : #1 ; #2

Le terme « être » évoque une présence vivante, matérialisée en un corps, support d’une identité qui nous apparaît, dès lors que l’on veut la saisir, multiple, mouvante, et donc insaisissable. Contrairement à ce que laissent entendre leurs significations, l’identité (du latin idem, désigne ce qui est tout à fait semblable ou qui demeure le même à travers le temps) et l’individualité (du latin indivuus, c’est-à-dire indivisible) ne sont ni précises ni fixes.

Leibniz déjà, dans les Nouveaux Essais sur l’entendement humain[1], distinguait deux formes d’identité pouvant se disjoindre à l’occasion d’un trouble psychique : l’identité réelle du soi, une identité inconsciente et purement physique, soit l’identité corporelle, et l’identité réfléchie du moi, soit l’identité psychique.

Les ethnologues et anthropologues nous font également remarquer qu’entre le moi intime qui transparaît dans le prénom et le moi social du nom de famille[2], entre l’identité à soi et celle perçue à travers le regard d’autrui, on ne s’y retrouve plus.

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