Pépites du Mexique

L’exposition « Mexique » du Grand Palais est pléthorique. Si toutes les œuvres ne se valent pas, si les maîtres reconnus côtoient les talents mineurs, voici tout de même quelques pépites dénichées rien que pour vous !

Francisco Goitia, Paysage de Zacatecas avec pendus II, vers 1914, Museo Nacional de Arte, Mexico

Francisco Goitia, Paysage de Zacatecas avec pendus II, vers 1914, Museo Nacional de Arte, Mexico

Francisco Goitia trouve dans la peinture un exutoire aux violences de la révolution mexicaine débutée en 1910. Le pendu décharné se fond ici dans la forme de l’arbre et prend la couleur des herbes roussies. Il devient paysage.

José Clemente Orozco, paysage de pics, 1943, Museo de Arte Carrillo Gil, Mexico

José Clemente Orozco, paysage de pics, 1943, Museo de Arte Carrillo Gil, Mexico

Peint pendant la seconde guerre mondiale, ce tableau représente un paysage sens dessus dessous sous un ciel apocalyptique. En bas à gauche de la toile, une ligne de petits bonshommes fantomatiques s’enfonce dans les replis torturés de la forêt.

David Alfaro Siqueiros, Antennes stratosphériques, 1949, Museo de Arte Carrillo Gil, Mexico

David Alfaro Siqueiros, Antennes stratosphériques, 1949, Museo de Arte Carrillo Gil, Mexico

Cet étrange pièce aux accents de science-fiction représente des antennes s’élançant des montagnes et traversant l’atmosphère terrestre pour se propager dans l’espace où se précipitent des astres gigantesques. Ces collisions de corps massifs ne sont pas sans menacer notre planète.

David Alfaro Siqueiros, Notre image actuelle, 1947, Museo de Arte Moderno, Mexico

David Alfaro Siqueiros, Notre image actuelle, 1947, Museo de Arte Moderno, Mexico

Ce tableau très imposant happe le spectateur par l’avancée des mains de la créature. Cet être effraye, car son absence de visage confine à la monstruosité. A la place, le personnage arbore une pierre grise dont la surface granuleuse évoque des chairs nécrosées. « Notre image actuelle », le visage de notre société, serait donc ce bloc inhumain ? Dans le même temps, le geste tendu des mains évoque une sollicitation, peut-être un appel à notre compassion.

Exposition « Mexique 1900-1950 », Paris, Grand Palais, du 5 octobre 2016 au 23 janvier 2017.

3 réflexions au sujet de « Pépites du Mexique »

  1. J’ais comme vous été fortement impressionné par les deux œuvres de Siqueiros. Un mot sur « antennes stratosphériques » datée de 1949 … elle m’a énormément surprise, j’y retrouve une ambiance proche d’Anselm KIEFER et ses peintures du début des années 1980.

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